ASCENSION DES VOLCANS ACATENANGO ET FUEGO

Les Volcans ACATENANGO et FUEGO se situent aux alentours de la ville d’Antigua au GUATEMALA, à 1500m d’altitude.

Le Volcan ACATENANGO, Culmine aux environs de 4000m et n’est plus en activité. En revanche, le volcan FUEGO, tout proche qui culmine à 3700 m, est toujours actif.

Il est possible de s’approcher à environ 300m du cratère du volcan FUEGO alors même qu’il gronde et crache des roches en fusion.

Il peut aussi être observé à partir du sommet du volcan ACATENANGO.

L’envie était trop forte, j’ai saisi l’occasion de participer à l’ascension des deux volcans organisée par O.X. ADVENTURE.

La veille, j’ai assisté à une réunion de préparation, pour faire connaissance des 2 guides et des 7 autres membres du groupe.

On a été briefé sur les étapes de l’ascension, le matériel et les vivres à emporter, surtout de l’eau.

Les deux guides, Miguel et Sean, sont bien sympas et les autres membres du groupe le sont tout autant.

Dans les grandes lignes, le plan est le suivant :

On démarre l’ascension à 1800m, on gravit le volcan ACATENANGO jusqu’au camp de base à 3500m, on installe le campement puis on repart plus légers, pour parvenir au sommet de FUEGO au coucher du soleil.

Ensuite, retour au camp de base où l’on passe la nuit, puis levé à 3h45 pour reprendre l’ascension d’ACATENANGO, jusqu’au cratère à 4000m, pour assister au lever du soleil et à nouveau admirer l’activité de FUEGO.

Enfin, retour au camp de base pour prendre un petit déjeuner, lever le camp et amorcer la descente.

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Le parcours: ligne violette, puis jaune, avec le camp de base qui est le triangle jaune, puis ligne rouge pour rejoindre FUEGO, puis ligne orange pour aller au cratère d’ACATENANGO.

 

Le lendemain, rendez-vous à 6 heures du matin pour répartir entre nous la nourriture pour les 2 jours ainsi que le matériel de couchage.

On a chacun un sac à dos de 50L à 60L, pesant dans les 12kg (faut dire qu’il y a déjà entre 6 et 8 litres d’eau)

Puis on prend la navette qui nous conduit au point de départ, à 1800m.

L’avantage, c’est que la météo semble plutôt bonne, même si elle peut changer très rapidement.

Allez, on se motive, on s’échauffe pour certains (moi aussi, je pense que c’est indispensable) et on attaque !

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Encore « frais comme un gardon »
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En route

 

Pour ma part, c’est à ce moment que je commence à douter un peu, le sac est assez lourd, la montée semble difficile (une moyenne de pente de 45° à 60°), sur un terrain parfois assez accidenté, on a pas mal d’heures de marche jusqu’au camp de base, on va passer de 1800m à 3500m… ça risque d’être un peu tendu.

Ben en fait, c’est tendu, la première heure on évolue sur un terrain granuleux, ça dérape, les appuis sont fragiles, et c’est franchement bien pentu.

Les cuisses commencent à bien chauffer.

On fait des pauses de 2 à 3mn environ toutes les 30 mn, histoire de boire un coup et repartir.

Il fait plutôt bon, c’est dégagé, plus on grimpe, plus la vue est superbe, on aperçoit le volcan AGUA, peu à peu pris dans les nuages.

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AGUA

Ça n’arrête pas de monter, la végétation change au fur et à mesure, on traverse la « cloud forest ».

A mi-parcours, on fait une pause déjeuner, environ 45mn, c’est plutôt bienvenu, d’autant que le soleil tape bien.

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Il nous reste plus grand chose comme route à abattre avant d’arriver au camp de base ; après tout, on a fait un peu plus de la moitié.

Allez, on reprend la route !

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Désormais, on aperçoit seulement le sommet d’AGUA qui dépasse tant bien que mal des nuages qui l’entourent.

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AGUA

Au fur et à mesure que l’on approche du camp de base, on entend FUEGO qui gronde, c’est assez curieux, au début on à l’impression que c’est des coups de tonnerres, pourtant, le ciel n’est pas menaçant.

Les grondements sont assez fréquents et de plus en plus forts. Curieusement, ça dynamise ; on n’aperçoit pas encore FUEGO, mais on l’entend tellement bien !

Enfin, après plusieurs heures d’effort, on pose les sacs au camp de base duquel on a déjà une vue imprenable sur FUEGO.

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FUEGO

Le sombre sommet de FUEGO émerge des nuages, qui contraste avec le ciel bleu azur en fond de toile.

Cette seule image vaut tous les efforts fournis ces dernières heures.

A peine arrivés, voilà qu’il gronde sévèrement et qu’il projette une colonne de fumée de et de pierres en fusions.

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Désormais, on a le son, l’image et la sensation de la terre qui tremble sous nos pieds à chaque fois que FUEGO crache.

C’est irréel, je n’aurais jamais cru pouvoir vivre ça !

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J’ai qu’une hâte, c’est de reprendre la route pour m’approcher davantage de FUEGO.

Une heure et demi de pause, le camp est dressé

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On repart, plus légers, seulement un peu d’eau, quelques encas, de quoi photographier et se couvrir puis une lampe car le retour se fera de nuit.

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Devant nous, 45mn de descente puis 45 mn de montée, le tout avec une moyenne de pente de 45°-50° sur un terrain assez accidenté.

Les premières 45mn, ça va, on tient le rythme, on avance plutôt bien, les grondements de FUEGO nous animent ; on ne le voit plus, seuls ses rugissements et le sol qui tremble sous nos pieds nous confirment que l’on approche toujours plus.

Arrivés au pied de la dernière montée, un nuage assez épais nous rattrape, la température diminue sévèrement et l’humidité, la visibilité et le terrain accidenté ralentissent notre cadence.

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A partir de maintenant il n’y a plus que 45 mn de montée…
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Mais les nuages nous rattrapent, ça va nous ralentir..

On s’essouffle un peu mais on tient bon, les jambes sont plus lourdes, mais FUEGO est de plus en plus présent.

On parvient au sommet, le jour a presque déjà laissé sa place à la nuit ; le vent s’est levé, il est froid et souffle fort.

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Et allez ! ça y est, on a une pleine vue sur FUEGO qui crache tout ce qu’il peut !

La nuit tombe très vite, on abat les derniers mètres sur la crête vierge, sombre couverte de granulés volcaniques.

Un spectacle hors du commun !

On est seulement à 300m du cratère, c’est trop impressionnant !

A chaque éruption, c’est un feu d’artifice de projections de pierres en fusion qui retombent lourdement. C’est tellement proche que je me demande même si l’on n’est pas un peu trop exposés…

Tampis, ça vaut le coup !

Le ciel est complètement dégagé, très étoilé, avec le volcan qui fait le spectacle ; en contrebas, les lumières de villes scintillent.

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Au fond, Guatemala city

C’est surprenant de voir à quel point celles-ci sont si proches du volcan, carrément à ses pieds.

Tu peux pas t’empêcher de te dire que si jamais FUEGO s’excite, les conséquences seraient catastrophiques.

A chaque éruption ça souffle, ça gronde, mais surtout, ça tremble, je ressens la force de FUEGO dans tout mon corps, c’est vraiment impressionnant, je me sens si petit et vulnérable !

Allez, encore une dernière puis on reprend la route pour retourner au camp de base. Le parcours est le même, mais ce coup-ci, il fait nuit noire, on avancera plus lentement et prudemment.

FUEGO est toujours sur nos talons, il ne nous quitte pas. Le sol continue de trembler à chaque fois que le volcan projette une nouvelle salve.

De retour au campement, on engloutit un bon diner au coin du feu, accompagné d’un peu de vin, c’est toujours bien venu.

Je ne me lasse pas du panorama, le ciel dégagé chargé d’étoiles, le volcan animé et les villes scintillent en contre bas, c’est vraiment exceptionnel.

C’est à contre cœur que je vais me coucher, bien que les quelques heures de sommeil soient salutaires pour affronter la journée du lendemain.

Au fond du duvet, j’entends encore FUEGO, à 1 heure du matin, il me réveille tellement l’éruption a été puissante !

3H45, réveil !

Tous le monde debout, on part dans 15-20mn, pour gravir les quelques centaines de mètres qui nous séparent du sommet d’ACATENANGO à un peu moins de 4000m.

L’objectif, c’est d’arriver juste avant le lever du soleil !

On démarre l’ascension, armés de nos lampes frontales.

C’est franchement rude, il fait bien nuit, assez froid, la pente est raide et extrêmement glissante, les appuis sont difficiles à tenir dans un sol composé de granulés volcaniques.

Mais surtout, l’effort est d’autant plus dur que le manque d’air est palpable.

On est pas tous seuls, on aperçoit au loin quelques lignes de lampes, il sont déjà haut; eh bien, il va falloir s’accrocher !

Peu à peu, il fait plus clair.

Au bout de 2 heures d’effort, on arrive enfin au sommet, juste à temps pour savourer le panorama à 360° avec les premiers rayons du soleil.

On domine tout ce qu’il y a autour !

C’est simplement magique, tous ces efforts en valaient bien la peine.

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Les premières lueurs du jour permettent d’apercevoir AGUA

 

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AGUA

 

Il y a encore du vent, il fait toujours froid, je m’abrite derrière un rocher et je profite de ce moment intense, avec AGUA en face de moi, et FUEGO à ma droite, qui continue de s’activer.

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Je ne sais pas si c’est l’ivresse de l’altitude, mais j’ai l’impression d’être hors du temps, c’est une sensation assez curieuse, mais tellement agréable ; être juste au bon endroit, au bon moment.

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FUEGO au réveil

Je reste encore un long moment, je prends quelques photos, je savoure encore.

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Retour à la réalité, je relève le défi de faire le tour du cratère, sans s’arrêter, au minimum en petites foulées (600m de circonférence, avec des buttes, de plats et peu de descentes), le record à battre est de 2mn50.

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Cratère d’ACATENANGO

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On est trois à s’élancer ; je pars comme une flèche pour grimper la première butte, la plus haute de toute, jusque ici tout va bien.

Première descente, faut que je ralentisse un peu, ça dérape grave, j’ai pas envie de me retrouver à terre.

Arrivé en bas de la première descente, ben, ça remonte, et là, ça devient plus dur, je manque d’air, j’ai les cuisses complètement cuites, mes foulées sont réduites, mais ça ressemble encore à du jogging.

Je regarde ma montre, j’en suis à 2mn47, et il me reste 200m à parcourir ; bon, ben le record, je vais pas l’exploser, mais je vais au moins tout donner pour finir la boucle.

Ça devient de plus en plus dur, je suis à deux doigts d’abandonner tellement mes jambes me brûlent.

A chaque mouvement respiratoire, j’ai l’impression que je vais me décoller la plèvre. J’entends les collègues qui nous encouragent et je crois que c’est la seule chose qui m’a motivé à terminer.

 

Enfin, je franchis la ligne d’arrivée, je respire comme un dératé, j’ai le goût du sang dans les bronches, le fond de la gorge.

 

Je ne recommencerai plus !

 

Maintenant que j’ai repris mon souffle, faut amorcer la descente…

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RECAP :

1er jour :

Ascension jusqu’au camp de base : 5h

Ascension jusqu’au pied du cratère de FUEGO et retour au camp de base : 3h30

2ème jour :

Ascension jusqu’au sommet d’ACATENANGO : 2h

Descente ACATENANGO/ Campement : 1h15

Descente finale : 4h

 

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5 réflexions sur “ASCENSION DES VOLCANS ACATENANGO ET FUEGO

    1. Salut,
      De mémoire, si tu fais seulement Acatenango c’est environ 90 euros, puis si tu ajoute l’ascension de Fuego, c’est environ 30 de plus, soit environ 120 euros les 2 volcans (le combo s’appelle le Double Wamy).
      Personnellement, ce serait à refaire, je n’hésiterais pas et si j’ai l’occasion de retourner à Antigua, je referais l’ascension.
      Par contre, faut s’attendre à une journée de marche assez chargée. L’avantage est que pour la seconde partie pour gravir Fuego tu n’as besoin que d’un petit sac avec de l’eau, et un vêtement chaud et/ou imperméable, en fonction de l’évolution de la météo.
      @+

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      1. Oui, je te confirme que dans tous les cas tu dors sur place, enfin, tu te reposes quelques heures car l’ascension jusqu’au cratère d’Acatenango se fait de nuit.
        Naturellement, tu te reposes davantage si tu projettes de faire seulement Acatenango.
        Mais je te recommande vivement de pousser jusqu’à Fuego, surtout s’il est actif lorsque tu prévois d’y aller.

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