Torres Del Paine – 4 jours de trek –

(Encore Merci à Julien pour sa contribution à la rédaction de l’article ; voir en italique)

 Le Bus s’arrête à Puerto Natales.

Encore.

On l’a connait bien cette gare routière ! Avec Pierre, on a un peu l’impression de « rentrer à la maison » ! Et oui, souvenez-vous, c’est ici qu’on a fait notre HelpX de 10 jours ! Mais cette fois-ci, on ne rejoint pas Pancho, on va se préparer à faire notre premier grand trek : le « W » du Parc National des Torres del Paine. Ça envoie hein ?! 
Mais qu’est-ce que c’est ?

Le W est un trek de 4 jours autour des fameuses Torres. On peut également faire le tour complet du parc, le « O » en 10 jours. Voici la carte pour vous aider.

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Il y a différents refuges autour, ou camping. En fait, il existe plusieurs solutions pour visiter ce magnifique parc. On peut juste faire certains bouts de marche, faire du bateau jusqu’au glacier, dormir dans le parc dans un hôtel ou carrément faire les aller/retour depuis Puerto natales (1h30  de route).
Mais avec Jean-Ju, on avait envie de challenge ! Et puis avec ce qu’on s’était enfilé au Fitz Roy et sa montée de titan, plus rien ne nous faisait peur (enfin si moi j’étais un peu flippette de marcher avec mes deux athlètes).

Jean Ju avait fait ça en grand, il nous avait réservé des nuits en refuges en pension complète (petit dej, lunch box et diner). Je crois qu’on lui sera éternellement reconnaissants de nous avoir offert ça ! Car je peux vous dire que JAMAIS je ne me serais vu trimbaler ma tente, mon matos, et devoir tout monter et préparer après 8h de marche.
 Je pense qu’on aurait pas fait le trek tout simplement ou juste quelques parties. Là, on était au Top ! Enfin, c’est relatif, on était en refuge, mais c’est tout de même très bien! On a découvert les triples lits superposés (et c’est Froggy qui s’y est collé !! alpiniste dans l’âme, Ahahaha).

Surtout, nos sacs étaient bien plus légers car on n’avait besoin que de nos duvets en matos. Enfin, bien plus légers… Pierre et Jean-Ju avait quand même beaucoup de kilos dans le dos (moi j’avais un petit sac).
Tout ça mis bout à bout, fait qu’on a vraiment apprécié ce trek ! Et comme jamais deux sans trois, il a fait un temps magnifique. Juste un peu de pluie à la fin, on vous racontera ça. Mais quel porte bonheur ce Jean-Ju !!

Bref, revenons à notre premier jour. Après avoir pris le bus jusqu’à l’entrée principale du parc Laguna Amarada où l’on doit s’acquitter du droit d’entrée, on vous enseigne les quelques règles élémentaires du savoir treker (déchets, danger du feu…), on reprend le bus qui nous emmène (rapidement !) jusqu’au point de départ du catamaran qui nous déposera à notre premier refuge après avoir traversé le Lac Pehoé . Autour de nous, tout est grandiose ! Le ciel est dégagé, c’est tellement rare! On aperçoit des guanacos galopant sur un fond de montagnes majestueuses. Que les Guanacos en profitent bien car leur viande est tout à fait délicieuse !

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Dans trois jours, on sera là haut!

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au loin, un guanaco

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Ici, les nuages sont des soucoupes volantes!

Et dire qu’on va marcher là, en face !!

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le cirque

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On monte sur le bateau, tout est calme et serein. J’en profite pour filmer, et là, le bateau contourne quelques reliefs, d’un seul coup un vent à décorner les bœufs nous surprend accompagné d’une bonne giclée d’eau !! Tout le monde se couvre, s’agrippe à ce qu’il peut, ça remue sévère !!

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en bas à gauche, notre refuge!

Le vent souffle toujours fort une fois arrivée à notre refuge. On le sait, cette partie du parc fait partie des plus ventée. On comprend mieux la petite icône « vent » sur la carte.

Nous arrivons donc au Refugio Paine Grande, immense refuge sur 2 niveaux où les espaces sont particulièrement vastes, des espaces communs avec de grands canapés confortables, un feu de cheminée et des prises électriques. On nous conduit à notre chambre qui comporte 3 lits superposés, nous sommes les 1ers à prendre possession des lieux, nous nous dirigeons automatiquement sur les 3 lits du bas ! à la guerre comme à la guerre !

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notre chambre
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et notre vue!

 

Une fois les sacs posés, on repart aussitôt pour aller au view point du glacier Grey. Aller passer la nuit au refuge Grey ne nous servirait à rien (sauf dans si vous décidez de faire le parcours « O ») ; il faudrait refaire le même chemin en sens inverse le lendemain. On se contentera de le voir le glacier de loin et puis il faut dire que question glacier nous avions la chance de fouler le Perito Moreno quelques jours auparavant.

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en route!

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Pendant toute la marche, le vent ne faiblit pas, il s’intensifie !! Au détour des massifs rocheux et des dénivelés on se refait un brushing à l’œil !

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Jean-Ju au top de la tendance Paine!

On longe la rive du lac Grey avec plus ou moins de hauteur, la nature est vraiment magnifique. De près (et à l’abri du vent…) tout paraît si calme, assez intime, on aurait presque envie de se baigner ou de naviguer tranquillement à bord d’un bateau Riva, orné de bois d’acajou… Ambiance Lac de Côme ou Léman… mais arrêtons de rêver, tout de Gore-tex vêtu, chaussures de trek aux pieds et bâton de marche à la main, on laisse le Riva au ponton et on continue l’ascension à coup de rafale de vent dans le teston ! Vue de haut, on mesure en fait toute l’immensité de ce lac, la couleur de l’eau ressort d’un bleu très pâle assez opaque, une couleur typique qui annonce le Glacier en amont.

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Il est là, au loin!

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Nous arrivons au bout du chemin, soudain une rafale toujours plus forte (mais comment cela est-ce possible ?) nous oblige à nous tenir à nos bâtons, voire à ramper par terre. Wahou mais c’est quoi ce truc de dingue !!! On s’entend même plus parler !! Les lunettes de soleil se fossiliserai presque dans le visage, on ajuste au maximum sa capuche au risque de créer un aérofrein, bâtons profondément enfoncés dans le sol, on peine à faire les quelques mètres qui nous reste jusqu’au view point.

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C’est limite impossible de tenir debout !! Je n’ai jamais vu ça !! Je m’accroupis et en me tenant aux pierres, j’avance jusqu’à cette vue spectaculaire : 

On reste bouche bée. Euh…  en fait non, c’est impossible, on s’envolerait sinon !!! On ne peut rester que quelques minutes tellement il y a du vent. Chaque geste est réalisé au ralenti, le moindre mouvement brusque risquerait de nous faire basculer. Sortir son appareil photo et en retirer le cash deviendrait presque un art martial ! Mais quelle vue ! La lumière est magnifique, le blanc des nuages sature dans le ciel, le glacier, majestueux, offre une vision presque surnaturelle.


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Le Glacier Grey

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On repart, le vent dans le dos cette fois.

On a tout de même une petite pensée pour les courageux randonneurs qui se rendent au Refugio Grey et doivent continuer leur chemin face au vent… à flanc de montagne et qu’ils n’en sont qu’à la moitié du chemin. Nous on va profiter du vent de dos pour effectuer le retour en marche accélérée car le soleil se couche lorsqu’on arrive au refuge. C’était une bonne petite marche de 3h quand même ! Parfait pour ce mettre en jambe pour demain et nous mettre en appétit ! Le repas servi est tout à fait correct, une fois rassasiés nous passons prendre un dernier verre au bar, finalement l’ambiance refuge c’est plutôt pas mal !

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Le soleil se couche sur les Torres

Une bonne nuit dans notre dortoir et un bon petit déjeuner, 7h sonne et nous voilà, sac, bâton, gants et bonnet prêts à faire nos 8h de marche. On en profite également pour récupérer la lunch box : un gros pavé de pain (on pourrait presque construire un truc avec) garni de je ne sais trop quoi qu’on appellera sandwich Del Paine.
 Le soleil se lève petit à petit sur la plaine…

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Aujourd’hui, le but est donc de rejoindre le 2nd refuge Los Cuernos. Le parcours est assez long en distance mais le peu de dénivelé assure de le faire en peu de temps sans trop se fatiguer.

Mais il faut savoir que sur ce parcours il y a, arrivé au niveau du Campement Italiano, l’embranchement qui mène vers les fameuses Vallées Frances. Certains disent d’ailleurs que c’est aussi bien, voire mieux, que les Torres ! On ne peut pas passer à côté et qui plus est pour respecter la forme du circuit W, on se doit de s’y rendre. Sauf que sur la carte, le seul « view point » indiqué est situé à 3h de marche aller à partir du Campement Italiano, de plus le dénivelé est assez important. On risque de ne pas avoir le temps de tout faire sur la journée car si on additionne les temps de parcours sur la carte, et bien ça nous fait une bonne ballade de 12 h, sans compter les arrêts…

Heureusement, la veille, nos roomates Chiliennes qui avaient fait le circuit en sens inverse du nôtre, nous ont indiqué qu’un view point se situait à « seulement » 1h de marche à partir du Campement Italiano et qu’on verrait l’essentiel de la Vallée Frances : OUF ! Sur ce, nous allons faire un petit détour dans notre parcours pour aller jusqu’à la Vallée Frances.

On marche à bonne allure, enfin, pour moi Célia ! (^^)  on mitraille dans tous les sens. C’est tellement beau ! Les couleurs et les paysages changent au fur et à mesure qu’on avance.

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Adios!

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On va s’engouffrer entre les deux montagnes…

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Il faudrait y rester des semaines pour avoir une idée de toutes les teintes que peuvent avoir ces montagnes…. on enchaine les lacs, on passe des pont suspendus, on descend, on monte…

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A un moment on traverse un bois victime d’un feu en 2010, on se rend compte alors du danger et des conséquences que nos actes malheureux peuvent avoir sur la nature.

Arrivé au Campement Italiano on a la possibilité de poser les sacs et se rendre au view point délesté de quelques kilos. Pierre et Célia ont eu cette présence d’esprit contrairement à moi et je l’ai vite regretté tellement le chemin est raide et escarpé.

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Ce matin, on était au lac à droite!

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On arrive au view-point et on bénéficie d’une vue extraordinaire sur le glacier Frances d’une part, et les magnifiques montagnes bicolores noire et beige d’autres part, l’endroit idéal pour avaler, ou plutôt tenter de venir à bout du fameux sandwich Del Paine ! on prend le temps d’observer les morceaux dans un grondement inquiétant. Le temps est sublime, ciel bleu et soleil au zénith, décidément nous avons vraiment de la chance car il faut se rappeler que la principale crainte lorsqu’on se rend dans cette région du globe est que le temps peut très vite changer.

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View Point Frances
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Les pics

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Le glacier

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Il est temps de reprendre la route. Et quelle route !

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On contourne le cirque aperçu la veille en bus. Il est juste au-dessus de nous, tellement imposant! En face, un lac de glacier bleu turquoise. Les pins en formes de bonsaï géant bordent le chemin. C’est presque irréel. Soudain, une cascade apparait au centre du cirque. C’est magnifique. 
On aperçoit le refuge ! Enfiiin !

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C’est beau mais qu’est-ce qu’on est crevé!

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On l’a faiiiiit !

Le refuge a l’air sympa, tout en bois et d’une taille bien plus modeste que le 1er.

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L’accueil au comptoir est un peu moins sympa, on nous mène à notre chambre encore moins sympa : c’est ici que l’on découvre les fameux lits à 3 niveaux. La salle de douches est ici partagée avec les campeurs, sous-entendu beaucoup plus d’utilisateurs et beaucoup plus sale. Pas de prise de courant disponible, il faut aller demander au « sympathique » comptoir pour quémander un branchement sur les 2 disponibles pour tout le refuge. Je ne préfère pas savoir ce qu’à pensé de moi le type de l’accueil quand je lui ai amené mon iWatch à charger… !

On partage la chambre à 8 personnes pour une taille bien plus réduite qu’au refuge précédent… finalement l’ambiance refuge doit plus ressembler à ça. Hasard des rencontres on dormira avec LE ronfleur du refuge… on retrouve certaines personnes de la veille, et d’autre qui font le parcours dans l’autre sens.

C’est une sensation étrange d’être ici. Le mot refuge prend tout son sens : il n’y a aucune route pour venir nous chercher. Juste un hélicoptère qui amène les vivres. L’ambiance est bonne, allé, on se fait plaisir, on prend une petite bouteille de vin blanc pour fêter notre grosse journée. On était pas peu fier d’être là ! On était vite bourré aussi, seulement avec un verre!

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Après une nuit très bruyante, nous revoilà, dès 7h du matin, armés de nos bâtons en route pour le refuge Chileno dernière étape avant les Torres, ENFIN !

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Le ciel est un peu voilé, il pleuviotte parfois. Les paysages sont toujours beaux mais moins impressionnant. Peut-être car certains pics sont dans les nuages et que la luminosité ne mets pas tout ça en valeur.

Néanmoins les collines de l’autre côté du lac sont magnifiques, littéralement recouvertes d’un tapis vert uniforme. On contourne encore la montagne, pour remonter la dernière branche du « w ».

La fatigue se fait vraiment ressentir. Ça tire de partout, les courbatures se font bien présentes. On monte, on monte, ptin mais il arrive quand ce dernier refuge! On traverse des rivières, des marécages, des vallées pleines de fleurs… on a l’impression d’être dans la Team avec Gandalf!

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Le cirque

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Jean-Ju gambadant devant nous !

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Puis soudain, la vue se dégage, on est bientôt arrivé : il ne nous reste plus qu’à… oohh noooooonnn monter encore! Pour redescendre pour remonter! Ah! Je déteste descendre pour rien!!!! La route est petite, à flanc de montagne.

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Notre campement est au bout de la rivière!

On croise des chevaux de ravitaillement. On s’enfonce dans la brèche avec sous nos pieds une rivière… à 100 m en contrebas !

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On arrive finalement à ce refuge vers 13h. Il est tout mignon, l’accueil est bien plus aimable et 5 prises électriques sont en libre accès : youhou ! Pour ne rien gâcher, au milieu de la salle principale trône un bon poêle pour nous réchauffer et participe pour beaucoup au charme de l’endroit et lui confère tout de suite une ambiance « chalet ». On mange tant bien que mal nos sandwichs Del Paine au risque de s’étouffer tout en se demandant si on monte maintenant au Torres.

Il n’est pas encore 14h et on a du temps devant nous, autant le mettre à profit pour… marcher pardi ! et puis ça nous donnera 2 occasions de voir les Torres sachant que le but ultime de ce trek est de se lever aux aurores pour profiter du lever de soleil sur les Torres. En consultant la carte cela indique un trajet de 2h30 aller pour arriver en haut…sans compter le retour, l’heure tourne et le temps de se taper l’aller-retour on risque de rentrer de nuit sachant qu’on a déjà plus de 6h de marche dans les pattes… mouais…bof, qui plus est le temps est vraiment pas top. Mais bon on est au pied des Torres, on va pas chipoter bordel ! de Plus renseignement pris auprès du gentil accueil, le mec nous confirme qu’il ne faut pas 2h30 pour monter mais « seulement » 1h30 ! haha mais ça change tout ! et puis ça se trouve le temps va se dégager ! Allez hop on y va, en route pour l’aventure… Banga !

 

Hum… Ou pas !

 

Bien mal nous en a pris… Au début ça allait, on crapahute à travers les bois sur des sentiers assez bien balisés sans trop de difficulté jusqu’à arriver au niveau du campement Las Torres. Et à partir de là, c’était l’horreur!

Plus on avançait, plus il pleuvait, il faisait froid, accentué par notre état de fatigue générale, la marche n’était que montée, montée, montée ET sur des sentiers non sentiers. C’est à dire des gros blocs de pierre partout, des appuis difficile, surtout avec la pluie. Ça n’en finissait jamais, ça monte encore et toujours. A la fois je regrette d’être partie et à la fois je suis hyper impatiente d’y arriver!

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En fait on a tellement les nerfs à vifs que c’est ça qui nous fait avancer. Mais perso j’ai cru que Célia allait péter un câble et bouffer ses bâtons… ( Je n’ai, bien sur, pas beaucoup de photo de ce moment horrible!)

A la fin, on nous fait carrément passer dans des éboulis de pierres plus grandes que nous, c’est vraiment impressionnant.

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ya des petits humains à côté de la pierre!
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là !
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eu…
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attend, on la refait!

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Et puis… les voilà… les fameuses Torres dominant le lac.

Il fait gris, il pleut, mais miracle on distingue uniquement les 3 Torres parmi l’épais manteau nuageux qui les entoure, mais c’est pas grave, c’est beau…. comme nous ne faisons plus d’effort, on a vite froid, nos gants, nos bonnets, tout est trempé.

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On y est !

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Victoiiiire

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On prend quelques photos puis on refait le même chemin. La descente est aussi difficile et pénible que l’aller car il faut faire attention à ne pas glisser et les marches sont parfois énormes. On rentre au refuge à la nuit tombée. On aura finalement mis plus de 4h!

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Je souris, mais pas trop quand même…

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Le soir, au diner, on se rend compte qu’on est les seul a y être allé après la marche depuis l’autre refuge. Certains se sont juste avancés pour dormir au camping Las Torres, beaucoup plus près des Torres et donc pratique pour s’y rendre le matin. Tout le monde a sagement attendu pour y aller demain!

Pour moi, hors de question d’y retourner! C’était un enfer cette montée! Pluuus jamais! Je suis vraiment trop crevée! Je ne pourrai jamais me lever à 4h du matin pour le lever du soleil. Et on ne peut pas partir plus tard, car on a encore de la marche, puis un bus jusqu’à Puerto Natales, puis un autre bus jusqu’à Punta Arena. Bref, vous l’aurez compris, encore une grosse journée!!

Petit bilan chiffré de la journée (car des fois les chiffres parlent d’eux-mêmes) : 36 km parcourus et 398 étages montés ! Record à battre.

Par contre, les garçons se motivent. Des monsters du trek ces 2-là!

Effectivement à partir du chemin du retour des Torres, Pierre me tanne pour refaire le parcours le lendemain matin. Franchement au début j’ai refusé car comme l’avoue Célia, on a vraiment souffert ! 


Et puis pour ma défense, je prends à partie le temps : hors de question de se taper la montée, qui plus est de nuit si le temps est aussi pourri, non ?

On dîne, on ne se laisse pas abattre et je commande une bouteille de vin. Je rechigne toujours mais comme dit précédemment « On n’est pas ici tous les jours » donc je négocie avec Pierre le fait de se lever à 4h30 du matin et de voir comment est le ciel, si c’est nuageux on laisse tomber, sinon on tente l’aventure à 2, Célia ayant définitivement rendu les armes ou plutôt les jambes… en comptant 2h de marche pour monter on arrivera à temps pour le lever du soleil prévu à 7h.

On s’endort, Pierre toujours perché au 3ème étage. Pas de ronflement mais une counasse qui a passé je ne sais pas combien de temps avec sa frontale dont le faisceau lumineux était comparable au sabre laser dans Star Wars. Pour ne rien gâcher une pauvre fille est arrivée au refuge en pleine nuit, elle est montée dans son lit avec la grâce d’un hippopotame. La nuit est courte, il est 4h et c’est branle-bas de combat dans tout le refuge. Notre Luke Skywalker nous illumine de nouveau avec sa p***** de frontale ! Au moins pas de problème pour se réveiller…

Avec Pierre on file direct dehors et là : comment dire… le ciel est dégagée, la voie lactée ressemble à une autoroute illuminée… magnifique d’ailleurs ! Banco on file se préparer et on trace direct !

Pierre me prête une de ses frontales, pfff on y voit rien, tu m’étonnes, ça fait 4 mois qu’ils l’utilisent depuis leur départ… la traversée des sous-bois va être sympa. J’utilise la lampe torche de mon iPhone mais pas très pratique. Au début on a un peu de mal à se repérer et on manque de se planter de chemin. On rectifie notre trajectoire et là Pierre trace comme une flèche, à croire qu’il a des yeux de chat.

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On trace à toute vitesse, on se repère plus ou moins aux gens, partis avant nous et qui nous précèdent. En fait on double tout le monde. Le plus dur quand on marche de nuit c’est qu’on ne voit pas l’obstacle arriver, du genre si la montée est longue et abrupte ou pas, je n’arrive pas à doser l’effort. Car plus on avance plus je me demande si Pierre ressent vraiment l’effort. Il n’arrête pas de m’encourager en me disant que je suis capable.

Ça m’apprendra à avoir fait le malin les jours précédents en marchant toujours devant genre « le trek ? trop facile, chui trop fort… même pas mal ».

Mais là au secours, je comprends maintenant très bien ce qu’a pu ressentir Célia la veille. Malgré quelques arrêts pour reprendre mes esprits (et éviter de m’évanouir, car il faut aussi préciser que couillons que nous sommes, nous sommes partis à jeun…).

On passe le bois, le campement Las Torres, on crapahute à travers les roches et hop nous voilà arrivés au pieds des Torres ! Il est à peine 6h du matin : on a mis à peine 1h15 pour monter ( !) Quel exploit ! Mais pour quel résultat ?? il fait encore nuit, le jour se lève dans encore 1 heure, il fait au bas mot 5°C et on est trempé de sueur… On distingue d’ailleurs très bien les flancs de montagnes qui sont recouverts de givre… Super ! Je claque des dents, on s’oblige à bouger car si je reste statique je crois que je tombe en hypothermie. Et ce n’est pas les 2 mauvaises barres de céréales qui vont changer quelque chose… au moins l’avantage d’arriver tôt est qu’on peut choisir la meilleure place pour profiter du spectacle magique du soleil levant… qui se déroulera dans seulement 1 heure !

Pour le coup avec Pierre on investit donc un beau rocher, assez haut perché (donc bien exposé au froid… !) dont le dessus est bien plat et agrémenté d’une petite flaque d’eau ! youhou ! à nous les super photos des Torres avec leur reflet dans la flaque (et encore merci au brave type croisé au Fitz Roy !) .

On a froid, on tourne la tête et là, des gens un peu plus intelligents sont emmitouflés dans leur duvet, ça nous donne encore plus froid… et comme pour en rajouter une couche, des mecs diffusent une mauvaise dance music sur haut-parleurs tout en piaffant…!

Je me dis que je vais me consoler en écoutant (avec mes écouteurs) ma chanson favorite de Björk « Hyperballad » qui se prête particulièrement à ce moment. Ça faisait déjà plusieurs jours que j’y pensais… Je sors mon téléphone et bam ! plus de batteries : quel couillon, j’ai oublié d’éteindre la lampe torche… J’ai froid, j’ai froid… Dans notre dos on distingue enfin le soleil qui se lève mais pour que ses rayons atteignent les parois des Torres il doit encore monter… l’attente est interminable.

On se rassure avec le fait que le ciel est dégagé et que ça valait le coup de monter, on pavoise en se disant qu’on a réalisé une véritable performance en montant si vite…

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Ça y est le soleil monte et les rayons du soleil réchauffent enfin les froides parois de nos 3 Torres. Elles se revêtissent alors d’une chaude robe d’un orange éclatant qui contraste avec le froid bleu du ciel. Merveilleux. On a beau avoir déjà aperçu le phénomène sur des dizaines de photos, ça fait vraiment quelque chose de le voir en direct.

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Qui plus est, notre choix du rocher équipé de sa flaque à effet « photo de la mort qui tue » a rempli toutes ses promesses, à chaque fois que je montre ces photos elles déclenchent toujours un « Wouha », « Trop bien celle-là » !

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Comme quoi ça valait le coup de se les geler !

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Au bout de 45 mn à s’extasier devant ce fabuleux spectacle et à mitrailler ce fabuleux spectacle, le froid se fait toujours ressentir et accessoirement la faim… Il est 7h45 nous décidâmes de redescendre dans l’espoir d’arriver à temps au refuge avant la fin du petit-déjeuner servi jusqu’à 9h.

Je ne sais pas ce qui nous a motivé au retour mais on est arrivé au refuge à 8h40, moi je dis respect !

Je crois n’avoir jamais autant « kiffé » un petit-déjeuner surtout à côté d’un poêle à bois !

Le temps de se remettre de nos exploits, d’épater les 2 américaines avec notre aller-retour en 2h10, on plie bagage, on lance un dernier regard noir à Luke Skywalker et on se met en route pour rejoindre l’Hosteria Las Torres d’où part la navette qui nous ramènera au point d’entrée Laguna Amarada.

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L’heure d’arrivée incertaine de cette foutue navette nous poussera à devoir patienter dans cet horrible hôtel 4 étoiles où nous devrons nous forcer à boire une très mauvaise bouteille de vin tout en étant contraint de manger une pizza. Horrible !

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On a fini !!

 

De là retour en bus à Puerto Natales où nous irons récupérer les bagages laissés à l’hôtel et rendre le matos loué (à l’hôtel également, très pratique !). Détail pratique : j’ai loué mon duvet directement à l’hôtel, j’en avais pourtant 1 à Paris (et même 2 suite à mon récent déménagement) mais l’idée de me le trimbaler sur 3 semaines alors que j’en avais l’utilité pour 3 nuits m’avait poussé à en acheter un sur place puis le laisser. Finalement j’ai payé 6 euros la location pour 3 nuits pour un duvet en plume avec son drap de soie, parfait !

Une fois ces formalités effectuées nous rejoignons la gare routière et prenons le dernier bus du soir pour rallier Punta Arenas car nous partons le lendemain matin pour Santiago où une tout autre aventure nous attend !

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Un dernier regard…
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