A la rencontre des Moaïs à Rapa Nui

(Cette fois-ci, c’est Julien qui prend la main pour la rédaction de l’article)

Le vol au-dessus du pacifique se fait sans encombres. Les passagers apprécient particulièrement jouer avec les hublots photosensibles du Boeing 787 qui nous mène vers l’île de Pâques. On se croirait un peu comme dans la scène du film les Visiteurs « jour, nuit… jour, nuit… jour, nuit ».

Les 5h de vol passent bien, par le hublot, le même paysage fait d’océan et de cumulonimbus.

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D’un seul coup un bout de terre apparaît. Pas de doute c’est l’île de Pâques !

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Ou alors c’est l’île de Lost… ? Bien que ces deux îles ne sont pas si éloignées que ça, l’une est bien réelle mais toujours empreinte de mystère tandis que pour l’autre, seulement 6 saisons auront fallu pour se rendre compte qu’elle n’était pas réelle… On réalisera également quelques jours plus tard que notre hôte était le sosie parfait de John Lock… décidément quel mystère toutes ces similitudes… mystérieuses.

L’avion s’approche et on d’un coup d’œil on mesure la taille minuscule de l’île dont le côté le plus long mesure 23 km. Vue d’en haut l’environnement me paraît assez verdoyant, je m’attendais à une terre bien plus aride. Certes, ce n’est pas la forêt amazonienne non plus.

Ça y est la passerelle est avancée, tout le monde est ravi (même nos amis asiatiques derrière Pierre)

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d’arriver sur ce bout de terre perdu en plein océan pacifique situé à 3.800 km des côtes chilienne et 4.500 km de Tahiti.

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L’aéroport est typique de ces endroits exotiques du bout du monde, construit en bois et ressemblant plus à un hangar à légumes qu’au Terminal E de Roissy CDG. Palmiers, colliers de fleurs… pas de doute nous sommes en Polynésie ! youhou ! même si l’île est rattachée au Chili, elle fait néanmoins partie de la Polynésie dont le territoire forme un immense triangle qui s’étend des îles Hawaï à la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’île de Pâque 

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le triangle polynésien
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Le CDG  de Rapa Nui

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Avant même de pénétrer dans l’aérogare récupérer nos bagages, on nous soulage de 60$, taxe obligatoire pour pouvoir se déplacer sur l’île car son territoire entier est classé en Parc National. Le laisser-passer qu’on vous remet vous sera demandé pour accéder aux principaux sites archéologiques. En attendant les bagages, nous avons droit à une démo d’un douanier avec son chien qui commence à s’acharner sur un des bagages, stupeur de l’auditoire… l’agent des douanes ouvre … et en ressort une balle de tennis.. pour le plus grand plaisir du chien mais aussi des passagers ! haha la bonne blague ! C’est qu’il ne se passe pas grand chose à Rapa Nui!

Pour notre séjour sur l’île j’ai réservé une maison sur booking dont le propriétaire, Richard, est Français et habite juste à côté. Je ne peux que vous conseiller d’y séjourner si vous passez par-là : IPC Lodge. Nous allons y rester 5 nuits sur place soit le plus long séjour passé au même endroit depuis mon arrivée. Pierre et Célia resteront 2 jours de plus afin de prendre le vol hebdomadaire qui dessert Papeete chaque lundi. Pour 5 nuits j’aurais payé 544 €, ce qui est un très bon rapport qualité/prix pour la taille du logement (détaillé ci-après).

Richard et son fils sont donc venus nous accueillir à l’aéroport, nous ont remis le collier de fleurs traditionnel et hop en voiture direction la maison.

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On traverse Hanga Roa, unique cité de l’île à l’ambiance très décontractée. On fait un stop pour acheter quelques victuailles, les prix sont à l’image de la distance qui nous sépare du continent : élevés !

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Arrivé sur place nous avons le plaisir de découvrir une grande maison sur 2 niveaux, un peu excentré mais à 2 pas d’un site majeur Ahu Tahai, dont les moaïs et l’ensemble du site ont très bien restaurés. A l’étage, 3 chambres et un balcon avec un aperçu mer. Au rez-de-chaussée le séjour avec sa cuisine ouverte et la salle de bain. A l’extérieur, le barbecue de Richard que l’on pourra utiliser comme bon nous semble. A dispo également la machine à laver. Richard nous propose par ailleurs de louer un véhicule par le biais de son voisin, on réserve 2 jours avec peut-être 1 jour en plus mais on hésite : « C’est pas grave, vous me préviendrez la veille… » Bref on est top du top !

Pour ne rien gâcher, notre hôte Richard qui s’occupe d’organiser des visites de l’île, nous donne rendez-vous en fin d’après-midi sur le site d’Ahu Tahai pour nous conter brièvement l’histoire de l’île à la lumière d’un coucher de soleil sur le pacifique.

Bon à savoir, la connexion internet est, à l’image de l’électricité à El Chalten, incertaine… pas de wifi disponible en tout cas. Pour se connecter, il faut se rendre dans un cyber-café, non loin du bureau de poste, où la connexion est relativement bonne et le prix à l’heure est très raisonnable.

Nous ferons également la connaissance d’amis canins particulièrement sympathiques : ….. la chienne de Richard Pillow, pas très réactive mais bien brave et enfin le chien d’un voisin que nous baptisâmes Bandit. Un brave chien qui se prit d’affection pour nous, ou plutôt pour les restes alimentaires que nous lui donnions. Il devint un peu notre mascotte locale.

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notre ami Pillow
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Ballade en compagnie de Bandit, notre fidèle escorte de Rapa Nui!

C’est officiel ! on a récupéré notre Modjo et laissé les galères de Santa Cruz… chez Miguel !

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le site le plus près du village

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la visite avec Richard ( ou john Lock…)

Dès le 1er jour nous voilà donc briefés sur l’histoire de l’île dans ses grandes lignes : l’arrivée des 1ers habitants… les Moaïs, datant des XIV et XVème siècles, représentent des ancêtres, qui, tournés dos à l’océan, étaient censés protéger les habitants qui vivaient tout autour. Sur Ahu Tahai on distingue d’ailleurs très bien les « fondations » de ces habitations très étroites.

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les anciennes maisons

Ils vivaient également dans des grottes, formées par le vent dans la lave encore chaude lors des éruptions volcanique. Afin de mieux se protéger , ils montaient un mur devant la grotte.

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les grottes

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Des espèces de puits leur servaient à cultiver toutes sortes de légume.

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Au fil de l’histoire on apprend que l’île fut un temps surpeuplé avec entre 15 et 20.000 habitants (aujourd’hui il y en a environ 4.000). Toutes l’île était peuplé. Il faut s’imaginer des Moaïs sur toute la côte, plein de villages et de huttes sur ce petit bout de terre. Aucun moyen de s’échapper!

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Les Moaïs étaient donc les esprits de grands chefs, destinés à protéger les habitants de la mer. On élévait donc un promontoire pour les poser. Ce promontoire était sacré. Il servira également de cimetière. En effet, devant, on retrouvera des mini-tombes avec à l’intérieur uniquement des têtes. Le reste du corps devait être inhumé. Afin de représenter les morts, une pierre volcanique était posé autour du promotoire.

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on voit ici le pronmotoire et les pierres représentant les défuns

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Nous buvons littéralement les paroles de Richard. On ne peut qu’apprécier ses explications, riches d’anecdotes et d’histoire, et en français s’il vous plaît ! On reste donc pantois devant l’exploit de ces hommes et femmes arrivés d’autres îles polynésiennes pour venir coloniser ce bout de terre perdu au milieu de l’immensité pacifique, au moyen-âge… et en pirogue ! Respect… De nos jours je défie n’importe qui de se rendre dans un endroit inconnu sans GPS ! Eux par contre, connaissaient parfaitement les différentes îles du pacifique. ils avaient une connaissance incroyable sur les courants, les vents et s’orientaient grâce aux étoiles. Ce n’est donc pas par hazard qu’ils ont découvert l’île ! 

Et puis il y a les Moaïs. Je me rends compte que je réalise un rêve d’enfant en les voyant. Car si tout le monde a toujours plus ou moins de mal à situer l’île de Pâques, tout le monde reconnaîtra ces drôles de statues. Encore une fois on se demande vraiment ce qui a pu pousser un peuple, aussi isolé du monde, à ériger de tels mastodontes. Car ils n’ont pas fait les choses à moitié, les plus grandes encore debout mesurent près de 10m.

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les Moaïs avaient des yeux sculptés dans du corail blanc

 

Je réalise vraiment la chance que j’ai d’être là et de pouvoir partager ça avec mes comparses. Nous vivons un moment unique en son genre. Après tout, le leitmotiv de ce voyage aura été l’île de Pâques : je me revois dans l’appartement parisien de Pierre et Célia où ils m’ont annoncé leur voyage autour du monde. Au fil des destinations exposées sur la mappemonde, leur doigt s’est posé sur l’île de Pâques agrémenté d’un « peut-être… » et moi leur rétorquant illico « Si vous vous décidez à y aller, je vous y rejoindrai ! ». Tout cela date d’il y a plus de 2 ans… tout vient à point à qui sait attendre !

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Bref reprenons nos aventures pascuanes… L’île est un endroit très paisible, l’endroit n’attire pas un tourisme de masse et, sans vouloir paraître prétentieux, de nos jours c’est bien appréciable. Les gens qui viennent ici ont un but bien précis, on n’y vient pas par hasard. En tout cas pas parce que les plages y sont paradisiaques (il n’y en a d’ailleurs qu’une seule sur l’île mais par contre c’est du lourd !) ou encore pour y pratiquer la plongée (pas de barrières de corail contrairement à Tahiti) et encore moins pour y croiser des pseudo people en goguettes (ma foi la seule personnalité qui aimait y séjourner était le Général Pinochet…). L’éloignement et le peu d’activité sur l’île fait qu’on n’ira pas non plus à cet endroit en se disant : « Tiens je vais aller passer 15 jours sur Pâques cet été ! » comme on pourrait aller en République Dominicaine ou encore dans un Club Med. D’ailleurs la plupart des visiteurs restent en moyenne 3 jours et sont majoritairement Chiliens. Très peu d’établissement hôtelier, beaucoup de lodges proposés par les habitants, du coup la qualité est plutôt « roots », bien dans l’esprit de l’île. Quelques établissements grand luxe aussi car ce lieu est quand même, par définition, un peu exclusif.

Nous passâmes notre 1ère nuit, bien moins apaisante que notre ressenti en arrivant la veille. La faute aux poules, coqs et autres chiens particulièrement « bavards » durant la nuit… Il faut dire que les animaux sont rois ici, tous se balade en liberté, de la blatte au cheval, en passant par le chien ou la vache, c’est la fête du slip ! Je vous recommande particulièrement de faire attention en voiture même si il est rare de dépasser le 60km/h.

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Péage s’il vous plait!

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A 10h pétantes, le voisin de Richard nous porte notre véhicule, un bon vieux 4×4 Suzuki châssis long, idéal pour arpenter les routes de l’île sans craindre quoi que ce soit, si ce n’est les chevaux.

Pour notre 1er jour, on décide de se rendre à la plage car, sous mon impulsion, il est indispensable de prendre le temps de flâner un peu et officieusement rattraper ce p***** de bronzage agricole chopé au Fitz Roy. Nous ne serons pas déçu du déplacement, la plage qui s’offre à nous est tout bonnement irréelle : on s’avance parmi des dizaines de palmiers hauts de 20m., plantés dans un sol tapissé de vert ressemblant à s’y méprendre à un green de golf, pour déboucher sur une plage de sable blanc, lovée entre deux avancées rocheuses la protégeant des mouvements et courants de l’océan. L’eau est d’un bleu turquoise et sa température doit osciller entre 24 et 26°C. Au bout de la plage, une rangée de Moaïs fini de planter ce décor de rêve.

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On décide de déjeuner à l’ombre des palmiers, Pierre a la riche idée de filer à manger à une poule pour que 10 secondes après on se retrouve avec tout le poulailler à nos pieds au risque de se faire becter les mollets…

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On se pose enfin sur la plage. Le soleil tape, on a chaud, plouf-plouf on va se baigner, on s’amuse dans les rouleaux des vagues… C’est bon pour le Moaï, c’est bon pour le Moaï, ♪♪ c’est bon-bon.. c’est bon-bon ♫… les principaux intéressés reconnaîtrons.

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La journée était tellement bonne qu’on décide le lendemain de retourner à la plage. Mais cette fois-ci nous irons sur la plage « sauvage », petit banc de sable coincé entre les rochers au pied d’une falaise. Voilà un endroit bien tranquille, à l’abri des regards, à tel point que nous sommes accueillis par un couple de culs-nus… Why not… 

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un petit bout de plage apparait…

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Hélas l’exposition fait que l’ombre de la falaise se porte rapidement sur le sable et face à nous l’eau monte sensiblement, qu’à cela ne tienne, nous retournons sur la plage paradisiaque située non loin.

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Sur la route du retour, on s’arrête sur un autre site de Moaïs.

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De retour « en ville », Pierre va se jeter à l’eau pour tâter les vagues locales. Au loin on voit passer les mecs qui s’entraînent à la Pirogue. Le soir nous irons nous restaurer dans un bon petit restaurant face à l’océan, rassasié par un Mojito géant, on se délecte du Ceviche local, Célia et moi-même seront simplement désappointé par le Volcan au chocolat indisponible ce soir-là… à charge de revanche… 

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Pour cette 3ème journée, nous nous rendons sur le site principal de l’île à savoir au pied du volcan : Rano Raraku, carrière d’où étaient sculptés l’ensemble des Moäis de l’île.

Sur la route on s’arrête pour aller s’approcher au plus près de quelques Moaïs non restaurés, donc très abîmés mais pour le coup facilement accessibles.

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 Car il faut noter que les sites restaurés sont très surveillés et qu’il est interdit de s’approcher des statues. Ça nous laisse un petit goût amer car ça casse un peu l’ambiance, l’authenticité de la situation. Sur certains sites on a l’impression d’être à Disney : un décor de carton-pâte tellement les sites sont (trop) bien restaurés et le fait d’être fliqué est un peu oppressant dans un tel endroit si éloigné de tout. ( -> Sur ce point, nous ne sommes pas du même avis que Jean-ju, les Moaïs ont juste été redressés pour certains sites, mais n’ont pas été restauré. De plus, il n’y a personne sur le site pour voir ce que l’on fait ou non, c’est plus au visiteur de comprendre que si tout le monde marche n’importe ou, on détruit le site et on marche sur des lieux sacrés)  

Ce sentiment est d’ailleurs confirmé par tous ceux qui ont connu l’île plusieurs années auparavant. Ainsi va le monde moderne… Mais à leur décharge, l’afflux croissant de touristes, même s’il reste encore modeste, fait qu’ils sont bien obligés de réagir ainsi au risque de voir se dégrader le trésor inestimable dont ils disposent. C’est un peuple qui a longtemps vécu chichement et isolé, leur citoyenneté a été reconnue par le Chili dans les années 60, la &ère voiture est arrivée en 1985… il est donc normal qu’il prenne soin de cette incroyable richesse archéologique et unique source de revenus.

Mais arrêtons de chipoter, le site Rano Raraku tient toutes ses promesses et nous permet d’approcher au plus près de la « fabrique aux Moaïs ».

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la carrière

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De nombreux spécimens sont plantés ici ou là. Ces géants « plantés » dont on ne distingue que le tiers supérieur du corps sont en fait affublés des 2/3 restant de leur corps, des fouilles ont démontré que la partie enterrée n’avait subi aucune détérioration due à l’érosion : ils auraient donc été volontairement enterrés et non laissé à l’abandon en chemin.

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Récemment un archéologue Belge avance la théorie que ces Moaïs répartis au pied de la carrière formeraient, en aval, une barrière qui empêcherait de réaliser d’autres Moaïs dans la carrière située en amont. Car pour en acheminer de nouveaux, on abîmerait ceux qui sont déjà plantés. Idem pour certains des Moaïs encore accrochés à la roche, deux d’entres eux sont réalisés très proches, perpendiculaire l’un à l’autre, les extraire endommagerait l’un ou l’autre. Et pour conclure on réalise bien que le géant de 21m. aurait été impossible à déplacer. Les Pascuans auraient donc volontairement « orchestré » la fin de ce culte en empêchant toute fabrication de nouveaux spécimens. La culture polynésienne interdisant toute destruction d’objets de culte, certainement par superstition et/ou par respect. Ainsi la fin du culte des Moaïs n’a pas entraîné la destruction des statues, à cause des ancêtres qu’ils représentaient. A l’époque, la plupart des statues alignées avaient été couchées au sol. Sur certaines lignes, on observe encore d’ailleurs des Moaïs qui sont couchés au sol. Ils sont encore entiers et intacts, ils ont donc forcément été couchés avec attention car les renverser sans précaution les aurait tout simplement cassés en milles morceaux. La fin de ce culte voué aux ancêtres et menée volontairement, sans violence à cause d’une guerre par exemple, stoppa ainsi cette formidable entreprise de fabrication qui aura produit des centaines de Moaïs, encore présents tout autour de l’île. Notons quand même que le soin apporté au renversement de ce culte permettra de redresser bon nombre de ces colosses tel qu’on peut les voir aujourd’hui.

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le renversement des Moaïs

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D’autres cultes, comme celui de Tangata Manu – l’Homme Oiseau (évoqué ci-après), ont ensuite supplanté les Moaïs.

On explique souvent la disparition du peuple pascuan par une guerre fratricide qui les aurait amené à s’entretuer, notamment à cause d’une situation difficile rendue par l’épuisement des ressources naturelles, qui, combiné à un surpeuplement, auraient menés à des famines… Or une étude anthropologique récente de crânes datant du XVIIIème siècle montre que ce peuple ne souffrait pas de malnutrition. Ce sont donc vraisemblablement les maladies ramenées par les explorateurs européens et sud-américains, qui, venus par bateau à partir du XVIIème siècle, auraient disséminé ce peuple… sans parler de l’esclavagisme forcené mené au XIXème siècle par les péruviens qui aura fait perdre définitivement toute la mémoire identitaire des autochtones. Les mystères de l’île de Pâques sont donc bassement dus à cette triste entreprise qui aura, en quelques années et pour d’avides motivations, effacé des siècles d’histoire.

Une histoire et des théories dont on pourrait passer des heures à parler… Vous pouvez jeter un coup d’oeil à Wikipédia pour pousser les recherches .

Pierre quant à lui, et persuadé de la thèse des extra-terrestre… Comme à l’époque…

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Reprenons donc notre visite.

On déambule à travers tous ces Moaïs… ils ont vraiment tous une forme, une tête et des tailles différentes.

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On arrive à l’endroit où sont taillés les Moais. Ils sont sculptés à même la roche, de manière allongée.

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Puis on monte jusqu’au centre du volcan:

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Après les carrières, on se dirige vers le site de Tongariki qui offre une splendide lignée de 15 Moaïs plantés sur un fond d’océan Pacifique assez agité ce jour-là. Magnifique.

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On reprend la voiture pour se rendre sur un dernier site Orongo, situé à la pointe sud-ouest de l’île au sommet du cratère du volcan Rano Kau. Sur place on observe des marécages au fond du cratère et sur la paroi du volcan une trouée sur l’océan. Quel décor.

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Outre le cratère, on accède à un autre site archéologique qui montre des constructions en pierre surplombant deux minuscules îlots très loin en contrebas. Ce site était dévoué au culte de Tangara Manu : l’homme oiseau. Une espèce de cérémonie annuelle qui constituait à ce que les chefs de tribu s’affrontent en ralliant le sommet du volcan jusqu’à l’ îlots en face pour en ramener un oeuf d’oiseaux. Celui qui ramenait l’oeuf entier (ou celui qui en revenait tout simplement vivant ais-je envie de dire…) était sacré Homme-oiseau avec tout le respect et la vénération qui en découlait.

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De la haut, on a une vue splendide de l’île !

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Enrichi de toutes ces découvertes, nous savourons notre soirée dans un restaurant devant un sublime couché de soleil. Après le dîner, nous irons au spectacle de danse local. On mesure bien le fait que même si elle est rattachée au Chili, cette île est Polynésienne de nature. On remarque également que physiquement les locaux sont bien plus typés Polynésien que Sud-Américains. La danse des hommes ressemble à s’y méprendre au Haka des All-Blacks Néo-Zélandais.

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Le lendemain matin nous rendons la voiture. C’est mon dernier jour entier, je reprends l’avion le lendemain midi. Nous décidâmes de nous consacrer à des activités situées à proximité de la maison.

Nous nous rendîmes d’abord « en ville », accompagné de  notre fidèle Bandit ( et autres chiens de passages),

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pour effectuer enfin quelques emplettes souvenirs ! quoi de plus smart qu’un souvenir ramené de l’île de Pâques ?! Le marché local regorge de revendeurs de bibelots en tout genre. Certains sont vraiment cheap, l’idéal est de porter son intérêt sur les reproductions de Moaïs réalisées en pierre volcanique (comme les grandes). Attention de ne pas les confondre avec celles faites en Siporex ! Quelques portes-clefs en plus et hop le tour est joué. Jusqu’au moment où je pose le regard sur un Moaï « géant » de 45cm de haut environ… celui-là sera pour moi ! je me tâte car il est quand même balaise et je pense surtout au surpoids de ma valise, déjà bien chargée. Je dois réfléchir un peu avant de m’emballer. Au final j’hésite et je n’achète pas grand chose, je reviendrai demain matin avant de prendre l’avion pour parfaire tout ça.

Outre les souvenirs nous sommes également venus au marché pour acheter du poisson « frais » car le soir nous étions conviés par Richard qui organisait un barbecue où étaient également invités deux amis à lui en visite sur l’île.

L’absence de barrière de corail réduit fortement la présence et la diversité des poissons, le choix est donc très limité, nous prenons quand même un bon morceau de thon. Outre ce diner nous avions également prévu de « sortir en boîte » histoire de tâter l’ambiance djeuns !

L’après-midi nous en profitons pour aller au musée anthropologique à 50m. de la maison. Ainsi nous allons parfaire nos connaissances en complétant celles déjà acquises auprès de Richard et de nos multiples visites sur l’île. Le musée est gratuit et un livret d’explication est disponible en français. Le musée retrace l’historique de l’île, les différentes méthodes supposées pour l’acheminement des colosses à travers l’île…

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la méthode la plus probable

Nous sommes surtout interloqués par les outils qui servirent à la taille des Moaïs : « ils ont fait ça avec ça ?! ». Ca ne peut que renforcer notre admiration, pourtant déjà grande, de ce peuple et de son ingéniosité. L’humain est vraiment capable d’accomplir des choses phénoménales, surtout si on le ramène à l’échelle de ce qu’était l’île de Pâques à cette époque : un confetti perdu au milieu de l’océan et isolé de l’influence de toute civilisation « moderne » (vous savez, celles qui pratiqueront l’esclavagisme quelques années après…).

On apprend également que l’ile c’est formé grâce à trois volcans, ayant fait éruption l’un après l’autre. C’est un peu un bouton d’acnée de notre planète !

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l’évolution de l’île

Plus tard, Nous retournons en ville afin que Pierre aille surfer une dernière fois. On le laisse aller se mettre à l’eau.

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Aussitôt parti, on file avec Célia dans le restaurant où nous avions été le 1er soir afin de se poser devant l’océan en sirotant un giant mojito et prendre notre revanche sur le fameux Volcan au chocolat que nous nous empressons de commander. Pendant ce temps, Pierre pense qu’on l’observe de loin, sagement muni de nos appareils photo à attendre qu’il surfe la vague, désolé Pierre on a trouvé une bien meilleure occupation !

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Le soir arrive, on commence à préparer le barbecue, les invités de Richard débarquent.

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Ce sont deux Français : l’un est chanteur de son état, Jan VENEK, qui se produit un peu partout dans le monde, un troubadour moderne pourrait-on dire. Il était accompagné d’un ami à lui, photographe métropolitain qui vitaux îles Marquises. Outre son cadre, ce barbecue était résolument exotique ne serait-ce que par la nature de ses convives. Richard et sa femme sont là, son fils également. La soirée se passe au gré des histoires de chacun. A un moment, Jan, l’ami troubadour en vient à demander à Richard de nous conter sa rencontre avec sa femme… une très belle histoire d’amour qui émeut un peu tout le monde… Jan nous jouera également un morceau avec un instrument très particulier ramené des Indes… je dois vous avouer qu’à ce moment là, l’émotion me gagna, je réalisais que j’étais en train de vivre un moment assez unique en son genre… je ne sais pas, ça devait être la somme de pleins de facteurs, le lieu, les personnes, leurs histoires… mêlés à mon voyage qui touchait à sa fin… peut-être un peu le vin aussi… tout cela cumulé me fit verser une larmette, non pas de nostalgie ou de tristesse mais tout simplement de bonheur. Un moment rare que j’étais heureux de pouvoir vivre avec mes amis. Je me souviendrais tout le temps de ce moment, du ressenti… Mon voyage ne pouvait pas trouver meilleure conclusion.

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L’heure avancée et l’émotion vécu nous fit vite oublier l’envie de « sortir en boîte ».

Le lendemain sonna la fin de mon périple de 3 semaines. Nous sommes aller prendre notre dernier petit déjeuner sur le site d’Ahu Tahai.

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Je réalise que mon départ est proche et réel. J’ai un peu de mal à savourer le moment, me prétextant moi-même des dernières choses à faire avant de partir. J’ai un petit goût amer… Je dois faire ma valise et me rendre une dernière fois en ville pour aller chercher mon Moaï géant que je me suis résolu à ramener.

Pour leurs 2 derniers jours Pierre et Célia ont réussi à négocier avec Richard de pouvoir rester dans la maison à tarif très réduit jusqu’à leur départ pour Tahiti. Définitivement, ce Richard est un homme bien. Je suis content pour eux.

L’heure tourne, je suis toujours en ville à pinailler avec mes foutus souvenirs et je dois terminer de boucler ma valise, un sacré défi après 3 semaines riches en aventure.

La belle-soeur de Richard m’emmènera à l’aéroport, le vol étant prévu à 15h. Affublé des 5kg de mon Moaï dans mon sac à dos, ma valise passe le contrôle et pèse 22,5 kg sur les 23 kg autorisés : Ouf !

L’embarquement prend du temps et l’avion n’est pas arrivé. Il est 15h quand je laisse mes amis partir de l’aéroport.

Surprise, il y a du wifi dans l’aéroport… mes mails s’affichent mais impossible de les ouvrir. Il est 17h passé quand je m’installe à bord de l’avion. J’arriverai à Santiago vers minuit avec plus de 3h de retard. Qu’à cela ne tienne, je me suis fait un petit plaisir perso en me réservant un super hôtel où je découvre avec une immense satisfaction la taille du lit de 2m par 2m rien que pour moi ! ENFIN !

Mon vol pour Paris sera à 17h, j’aurais donc le temps de me balader un peu dans Santiago une dernière fois. Un sas de décompression « urbain » avant le retour à la réalité parisienne. Je suis néanmoins content de rentrer, satisfait de ces 3 semaines de voyage au cours desquelles j’aurais découvert une multitude d’endroits aussi fabuleux que différents. Et j’avoue que financièrement, le retour à un train de vie plus raisonnable est souhaitable… mais en principe seulement car laissant la raison passer outre, je m’offris le surclassement sur le vol du retour afin de parfaire les 14 dernières heures de vol qui me rameront à Paris. Ainsi ce ponctue mon voyage, dans un certain confort matériel qui me permettra, tête et jambes reposées, de me laisser aller à la réflexion du prochain voyage…

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